Entra ID, c'est l'annuaire central de tout tenant Microsoft 365. C'est là que vivent les comptes, les accès, les permissions. Et c'est là que se joue l'essentiel de la sécurité — parce que compromettre un compte Entra, c'est souvent compromettre tout le reste.

Voilà ce qu'il faut vérifier, dans l'ordre où ça compte.

MFA — pas seulement pour les admins

Le MFA sur les comptes admin, la plupart des gens y pensent. Le problème, c'est que les attaquants aussi. Ils ciblent les comptes utilisateurs ordinaires, pas les admins — justement parce qu'ils sont moins surveillés et souvent sans MFA.

Entra admin center → Protection → Méthodes d'authentification → Activité
Ce qu'on voit souvent : le MFA est activé via Security Defaults ou une policy globale, mais 20 à 30 % des utilisateurs n'ont toujours pas configuré leur méthode. Ils passent au travers parce que l'enregistrement n'a pas été forcé dans les délais.

Comptes admins — moins c'est mieux

Un admin global a les clés du royaume. Il peut lire tous les emails, supprimer des comptes, modifier des politiques de sécurité, accéder à toutes les données. Ce rôle doit être traité comme une exception, pas comme la configuration par défaut.

Entra admin center → Rôles et administrateurs → Tous les rôles

Authentification legacy — la porte dérobée oubliée

L'authentification dite "legacy" regroupe les protocoles anciens : IMAP, POP3, SMTP authentifié, Exchange ActiveSync en basic auth. Ces protocoles ont un défaut majeur : ils ne supportent pas le MFA. Un identifiant et un mot de passe suffisent.

La conséquence : même si vous avez activé le MFA sur tous vos comptes, un attaquant qui obtient un mot de passe peut toujours se connecter via IMAP et contourner complètement votre protection.

Entra admin center → Surveillance → Journaux de connexion → Filtrer par "Client d'authentification héritée"
Ce qu'on voit souvent : des comptes de service configurés il y a cinq ans avec SMTP authentifié en basic auth pour envoyer des alertes ou des rapports automatiques. Ces comptes sont rarement revus et leur mot de passe n'a jamais changé.

Conditional Access — l'outil le plus sous-utilisé

C'est ici que la majorité des tenants PME décrochent. Le Conditional Access permet de définir des conditions précises pour autoriser ou bloquer une connexion : appareil géré, pays d'origine, niveau de risque, application ciblée. C'est le mécanisme le plus puissant d'Entra ID — et le moins souvent en place.

Entra admin center → Protection → Accès conditionnel → Nouvelles stratégies

Comptes inactifs — les cibles oubliées

Un ancien collaborateur parti il y a six mois dont le compte est toujours actif. Un compte de test créé pour une démonstration et jamais supprimé. Ces comptes ne se connectent plus, personne ne surveille leur activité, et ils restent des cibles valides pour un attaquant.

Entra admin center → Utilisateurs → Tous les utilisateurs → Colonne "Dernière connexion interactive"

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Par où commencer si tout est à faire ?

Dans l'ordre : MFA sur tous les comptes d'abord, puis bloquer l'auth legacy. Ces deux actions ensemble éliminent la grande majorité des vecteurs d'attaque sur les identités.

Ensuite, réduire les admins globaux à deux comptes dédiés — c'est une action rapide avec un impact fort. Puis mettre en place une première policy Conditional Access minimaliste : MFA requis pour tous, blocage géographique si le périmètre le permet.

La revue des comptes inactifs et la mise en place de PIM peuvent attendre, mais ne doivent pas être oubliées dans un second temps.